Les embouteillages Bruxelles ne se limitent plus à quelques jours de rentrée : ils font désormais partie du quotidien. Ce lundi, un trajet de 12 kilomètres entre Auderghem et le centre-ville a pris près d'une heure à plusieurs automobilistes. Ce genre de trajet illustre un problème vécu chaque jour par des milliers de navetteurs. Entre trains qui sautent des arrêts, chantiers qui s'étirent et pistes cyclables encore incomplètes, nous avons testé plusieurs alternatives à la voiture pour voir ce qui fonctionne vraiment, et ce qui reste à corriger.
Embouteillages Bruxelles : un record confirmé par les chiffres
Le dernier TomTom Traffic Index confirme l'ampleur du problème. Bruxelles se classe 15e ville au monde en temps perdu dans les embouteillages, avec en moyenne 146 heures par an, soit un peu plus de six jours. À titre de comparaison, les Anversois n'en perdent que 92. Ainsi, il fallait l'an dernier 32 minutes et 47 secondes pour parcourir 10 kilomètres, soit 21 secondes de plus qu'en 2023.
Le taux de congestion, lui, raconte une autre histoire. À Bruxelles, ce taux atteint 46,2 %, ce qui place la capitale derrière d'autres villes belges sur ce seul critère. Cependant, la vitesse moyenne n'y est que de 18,3 km/h, contre 28,6 km/h à Anvers, une différence liée à la généralisation de la zone 30 dans la capitale. Par ailleurs, les heures creuses restent elles aussi très embouteillées à Bruxelles.
Face à ces chiffres, l'association Touring réclame une mobilité qui fonctionne réellement pour la capitale. De son côté, Bruxelles Mobilité relativise la méthode de calcul. L'administration régionale précise que ce total de 146 heures repose sur un scénario standardisé, celui d'un automobiliste parcourant 20 km par jour uniquement dans la région bruxelloise, aux heures de pointe, sur des voiries limitées à 30 ou 50 km/h. Toutefois, cette nuance ne change rien au ressenti des automobilistes aux heures de pointe.

Train et bus : des alternatives sous tension face aux embouteillages Bruxelles
La SNCB affiche une ponctualité globale de 92,7 % en 2026, soit 1,5 % de plus qu'en 2025. Ce progrès reste toutefois fragile. En effet, la compagnie pratique depuis 2023 ce qu'elle appelle le « saut de gare ». Ainsi, les conducteurs sont autorisés, via les postes de commandement, à ignorer certains arrêts peu fréquentés pour éviter des retards en cascade, avec des conséquences désagréables pour les navetteurs qui devaient justement y descendre.
Cette pratique interroge certains élus. Le député François De Smet a demandé si ces trains supprimés étaient bien pris en compte dans les statistiques de ponctualité. Le ministre Jean-Luc Crucke a répondu que l'effet sur les chiffres restait négligeable, avec environ 0,1 % des trains concernés. Néanmoins, l'association TreinTramBus continue de suivre ce dossier de près.
Une partie du problème tient à la structure même du réseau. Chaque heure, plus de 90 trains et 50 000 voyageurs traversent la jonction Nord-Midi, sur seulement six voies. Dès qu'un incident survient, l'ensemble des trains circulant sur les lignes traversant cette jonction doit ralentir ou être dévié. Ailleurs dans le pays, certaines gares cumulent les retards : la gare de Genk enregistre le plus de retard parmi les 140 principales gares belges, avec une ponctualité de 77,3 % l'an dernier.

Vélo, marche et zones apaisées : la mobilité douce à l'épreuve des embouteillages Bruxelles
Autour des écoles, la situation évolue plus favorablement. Il y a vingt ans, six élèves sur dix venaient à l'école en voiture. Aujourd'hui, sept sur dix s'y rendent à pied, à vélo ou en transports en commun. Ce basculement résulte des plans de déplacements scolaires lancés il y a vingt ans, qui ont accompagné cette évolution dans 513 écoles.
Par ailleurs, Bruxelles Mobilité a inauguré une cyclostrade de 6,5 km entre Anderlecht et Laeken, à la rentrée scolaire précédente. De plus, le dimanche 20 septembre 2026, de 9h30 à 19h, toute la région de Bruxelles-Capitale devient un espace dédié aux piétons, cyclistes et autres usagers de la mobilité douce. Durant cette journée, la circulation motorisée est interdite, sauf pour les véhicules bénéficiant d'une dérogation.
Ces avancées restent toutefois ponctuelles face à l'ampleur des chantiers en cours. Le réaménagement de la place Sainctelette se prolonge jusqu'en 2027, tandis que le rond-point Schuman doit rester en chantier jusqu'à la fin de l'année pour renforcer la sécurité des piétons et simplifier les flux de bus et tram. Ainsi, la mobilité douce progresse, mais elle cohabite encore avec des travaux qui perturbent la circulation.
Ce qui peut changer
Plusieurs mesures concrètes sont déjà en cours ou prévues. Bruxelles Mobilité poursuit le programme Refresh, qui rénove plusieurs stations de métro en 2026, et a lancé une campagne d'asphaltage définie sur base d'un scan complet du réseau routier réalisé avec le support de l'intelligence artificielle. Le projet Parkway transforme la fin de l'autoroute A12 en un boulevard urbain plus vert et mieux intégré dans son environnement.
Côté ferroviaire, la SNCB étend son dispositif de repérage sur les quais pour limiter les retards à l'embarquement. Après une phase test concluante en gare de Bruxelles-Central, la compagnie élargit le dispositif aux gares de Hal et de Brussels Airport Zaventem, avant une extension prévue à Namur, Charleroi-Central, Bruxelles-Midi, Bruxelles-Nord et Bruxelles-Schuman. Enfin, le futur tram vers l'aéroport doit favoriser les transports en commun pour réduire la dépendance à la voiture individuelle, avec des travaux qui démarreront dans les prochaines semaines.
Ces chantiers dépendent de plusieurs acteurs identifiés : Bruxelles Mobilité pour la voirie et le vélo, la SNCB et Infrabel pour le rail, et la Région bruxelloise pour les journées sans voiture comme celle du 20 septembre. Leur réussite suppose aussi que les acteurs politiques, administratifs et économiques parviennent à s'accorder sur un calendrier stable et un budget partagé. Sans cet accord, les alternatives resteront des solutions partielles face à des embouteillages Bruxelles toujours aussi présents.
Conclusion : embouteillages Bruxelles, un défi qui reste ouvert
Les embouteillages Bruxelles ne disparaîtront pas du jour au lendemain. Les chiffres de TomTom, les sauts de gare de la SNCB et les chantiers en cours montrent un système de transport sous tension. Cependant, les alternatives testées, train, vélo, marche ou journées sans voiture, offrent des pistes réelles pour alléger la pression sur les routes. Chacun peut tester un autre mode de transport dès la prochaine rentrée. Suivez aussi les annonces de Bruxelles Mobilité et de la SNCB pour anticiper les changements à venir sur les embouteillages Bruxelles.